lundi, mars 9, 2026
HomeActualités GyneasIncontinence urinaire : Le regard de l’expert

Incontinence urinaire : Le regard de l’expert

En 2026, l’incontinence urinaires d’effort (IUE) demeure fréquente bien qu’elle soit encore trop souvent insuffisamment dépistée et sous-déclarée. En effet, 20-30% des femmes jeunes déclarent présenter des fuites urinaires à l’effort, avec un pic entre 45 et 59 ans qui va concerner 30 à 50% des femmes. Malgré tout, seulement 25% d’entre elles en parleront à leur médecin et 12% bénéficieront de soins spécialisés. (Moris et al. 2024) Les principales raisons de ce défaut d’accès aux soins résident dans la méconnaissance du problème et des options thérapeutiques, ainsi que, plus récemment, dans les controverses liées aux complications des bandelettes sous urétrales. Ces taux d’IUE sont proches de 50 % chez les sportives professionnelles nullipares pratiquant le rugby ou l’athlétisme (clapin 2025, Rodriguez lopes 2022).

Dans son guide des bonnes pratiques de prise en charge de l’IUE, le Comité d’Urologie et de Pelvipérinéologie de la femme (CUROPF) propose en première intention une prise en charge hygiénodiététique simple (perte de poids, activité physique régulière) associée à une rééducation pelvipérinéale dont l’impact sur la réduction des pertes urinaires et l’amélioration de qualité de vie a déjà été largement documentée. (demeco 2024)

Parallèlement, les dispositifs intra-vaginaux sont étudiés comme une option conservatrice fonctionnelle, notamment chez les femmes sportives ou souhaitant maintenir une activité en évitant un recours immédiat à la chirurgie. Ces derniers permettraient de diminuer significativement le volume des pertes urinaires lors de l’effort sans effet indésirable et avec une adhérence forte des patientes à 1 an (Petter Rodrigues 2024).

Devant cette tendance, les pessaires sont devenus un allié de choix, par leur action mécanique immédiate, résolutive à son retrait et non invasive. C’est dans ce sens qu’ils sont, depuis octobre 2024, remboursés par la Sécurité Sociale, y compris dans le cadre de l’IUE. Actuellement, leur utilisation est recommandée en association avec la rééducation périnéale (niveau de preuve 1, grade fort) et doit avoir été proposé avant toute prise en charge chirurgicale dans le cadre d’un processus de décision médical partagé (niveau de preuve 2, grade fort).

La démocratisation de l’utilisation des pessaires est donc en 2026 un prérequis pour tout soignant prenant en charge des patientes présentant des troubles pelvipérinéologiques, y compris pour incontinence urinaire d’effort. Ainsi, il est de notre ressort de communiquer et de moderniser l’image de la candidate au pessaire qui n’est plus seulement la patiente âgée non opérable mais toute patiente qu’elle soit dans l’attente ou non d’une chirurgie.

RELATED ARTICLES
- Advertisment -
Google search engine

Most Popular

Recent Comments